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Possible case of plague in Russia: a lot of noise for nothing?

Published Not supplied · Discovered 9 Oct, 09:32 UTC · Original language: fr · Version 3

SIPA_ap23065434_000001 (1) Photo © AP/SIPA
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La peste. Il y a des mots comme ça qui ont traumatisé à jamais l’espèce humaine. Il meurt 174000 personnes chaque jour dans le monde (dont 1800 en France), mais il suffit que l’une d’entre elles meure de la peste pour que la nouvelle fasse les titres de l’actualité, comme si l’humanité ne s’était jamais remise de ces épidémies qui ont manqué de l’effacer de la surface du globe au Moyen-Âge.

L’affaire présente se passe en Russie. Dans la nuit du 2 octobre, Daria Chipilova, laborantine de 28 ans travaillant à l’Institut anti-peste d’Irkoutsk, en Sibérie orientale, est décédée dans la petite ville voisine de Chelekhov, une semaine après avoir été hospitalisée pour des symptômes de pneumonie sévère. Selon certains médias, elle aurait brisé le 25 septembre un tube contenant l’agent pathogène, sur lequel elle travaillait, et serait tombée malade quelques jours plus tard alors qu’elle participait à une expédition à la frontière russo-mongole, située à deux cents kilomètres d’Irkoutsk.

Aucune nouvelle contamination

Alors que le mot de peste avait rapidement été prononcé, notamment par le gouverneur de la province voisine de Bouriatie, plusieurs sources officielles (gouverneur d’Irkoutsk, Rospotrebnadzor – l’équivalent de nos agences de santé) ont démenti, invoquant une pneumonie de cause inconnue. Selon ces sources aucun matériel bactérien pouvant provenir du laboratoire n’a été retrouvé dans les prélèvements effectués sur le corps de la jeune femme, et aucun pathogène n’a été identifié chez les personnes susceptibles d’avoir été exposées à une éventuelle contamination (laquelle se manifeste en général assez rapidement). De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé attendre que la lumière soit faite sur ce cas tout en précisant que le risque de contamination était vraisemblablement faible pour Irkoutsk et plus faible encore pour le reste de la Russie.

Marmottes, écureuils et gerbilles sont des réservoirs naturels

Le dernier cas de peste enregistré en Russie remonte à 2016, chez un garçon de 10 ans infecté en dépeçant une marmotte – qui constitue le réservoir naturel de la maladie dans cette région du monde avec certains écureuils, lièvres, gerbilles ou campagnols. C’est du reste parce que cette maladie subsiste à l’état endémique en Russie que l’institut anti-peste d’Irkoutsk existe, ce qui rend plus normale, quoique rare, la possibilité d’une transmission à l’homme. La peste subsiste ainsi en Russie, en République démocratique du Congo, de manière très marquée à Madagascar (en 2025, 80% des 67 cas déclarés de peste provenaient des hauts plateaux malgaches) mais aussi dans l’ouest américain. C’est d’ailleurs dans l’État du Nouveau-Mexique qu’a été signalé, en juin le dernier cas de décès dû à la peste, une femme d’une cinquantaine d’année habitante du comté de Santa Fe – un hasard qui a donné lieu à une petite passe d’arme diplomatique, Rospotrebnadzor ayant répondu à la proposition d’assistance sanitaire américaine par une proposition d’aide russe suite au cas mortel survenu en juin…

106 cas dont 34 mortels en France en 1920

Au-delà des polémiques, les autorités sanitaires ont rappelé que les cas de transmission à l’homme avaient été divisés par dix durant la dernière décennie (plus de deux mille cas par an encore en 2010 contre moins de trois cents aujourd’hui) et que le pourcentage de cas mortels était, lui aussi, en forte régression. La peste, qu’elle soit bubonique, septicémique ou pulmonaire – la forme la plus grave car se transmettant directement d’humain à humain – peut en effet être soignée par un traitement antibiotique, à condition qu’il soit mis en œuvre rapidement. Les derniers cas de peste en France ont été enregistrés en Corse en 1945 et la dernière épidémie dite « peste des chiffonniers » a eu lieu à Paris en 1920. L’épidémie avait touché 106 personnes et provoqué la mort de 34 d’entre elles.

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Original title: Cas possible de peste en Russie : beaucoup de bruit pour rien ?

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