Peste en Russie : après un deuxième décès suspect, faut-il s'inquiéter ?
Published 12 Oct 2026 · Discovered 12 Oct, 16:47 UTC · Original language: fr · Version 3
Deux décès liés à la peste pulmonaire sont évoqués en Russie, mais aucun cas n’a été officiellement confirmé.
Faute de données suffisantes, l’OMS, qui continue "de surveiller la situation", estime que le risque pour la santé publique est modéré à faible dans la région d’Irkoutsk, faible à l’échelle de la Russie et très faible en Europe.
L’Institut Pasteur appelle à la vigilance sans céder à l’inquiétude, car "nous disposons d’antibiotiques très efficaces lorsqu'ils sont donnés tôt."
Le 2 octobre dernier, une technicienne d’un institut de recherche spécialisé dans l’étude de la peste en Sibérie, portant le nom de Daria Chipilova selon les médias locaux, serait décédée d’une peste pulmonaire, d’après un responsable de la région d'Irkoutsk. Elle aurait contracté cette maladie contagieuse, due au bacille Yersinia pestis, après avoir cassé une éprouvette contenant la bactérie. Le média Peuples du Baïkal a signalé que plus de 200 personnes en contact avec la défunte ont été placées en quarantaine.
Peste en Russie : un second décès évoqué, les autorités locales démentent
Le Service fédéral de surveillance de la protection des droits des consommateurs et du bien-être humain en Russie (Rospotrebnadzor) n’a pas confirmé le cas de peste. D’après les autorités russes, les prélèvements biologiques effectués sur la jeune femme n'ont révélé aucun agent pathogène lié à son activité professionnelle. Elles assurent que l’employée décédée souffrait d’une "pneumonie d'étiologie inconnue" et que des mesures ont été prises pour éviter les contaminations. D’après le Rospotrebnadzor, il n’existait "aucun risque épidémique" pour les habitants d'Irkoutsk. "La surveillance médicale de plus de 90 % des personnes ayant été en contact avec la patiente est terminée. Aucun trouble de santé lié à une pathologie infectieuse n'a été détecté."
Quelques jours plus tard, le 6 octobre, plusieurs médias russes ont affirmé qu’une seconde personne aurait présenté les mêmes symptômes que Daria Chipilova et serait morte dans un hôpital du district d’Irkoutsk. Le lendemain, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a déclaré que "les médias disent beaucoup de choses. Et la grande majorité de ce qu'ils rapportent sur cette situation sont des informations fausses." Il appelle les citoyens à se fier uniquement aux déclarations de l'agence de santé publique Rospotrebnadzor.
L’OMS indique ne pas être "en mesure de procéder à une évaluation complète des risques"
Face à ce potentiel deuxième décès, qui relance les interrogations autour d’une possible résurgence de la peste en Russie, Tedros Adhanom Ghebreyesus, chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a réclamé des informations "complètes et transparentes" sur la mort d’une technicienne de laboratoire russe et des données signalant l'existence d'un possible deuxième cas suspect. "La communication d'informations en temps utile, complètes et transparentes dans le cadre du Règlement sanitaire international, est essentielle pour clarifier les informations contradictoires et permettre une évaluation précise des risques potentiels pour la santé publique", a-t-il écrit sur X.
À partir des informations disponibles, l’OMS a souligné que le risque pour la santé publique est jugé modéré à faible pour la région d'Irkoutsk, faible pour l'ensemble de la Russie et très faible pour l'Europe. "Nous ne disposons pas encore d'une vision complète de cet événement et ne sommes pas en mesure de procéder à une évaluation complète des risques", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus. D’après 20 Minutes, les autorités russes ont "informé l’OMS qu’aucun cas de peste n’avait été enregistré récemment dans l’oblast d’Irkoutsk et que les analyses de laboratoire effectuées sur les personnes contacts n’avaient révélé la présence d’aucun agent pathogène à haut risque. (…) Aucun incident de biosécurité n’était survenu au laboratoire, contrairement aux informations relayées par les médias."
"Restons vigilants, mais calmes, la peste, c'est traitable"
Le 10 octobre, l’OMS a indiqué qu’elle continuerait "de surveiller la situation et d’évaluer les éventuelles implications pour la santé publique à mesure que de nouvelles informations seront disponibles." Quant à l’Institut Pasteur, il a, la veille, appelé à ne pas céder à l’inquiétude. "Aujourd'hui, on n'a pas les faits, donc on ne va pas faire de spéculations sur ce qu'il se passe. (…) On connaît bien cette maladie. La peste n'est pas éliminée, elle existe dans le monde. Restons calmes, absolument vigilants, mais calmes, la peste, c'est traitable", a déclaré, à France Inter, Yasmine Belkaid, directrice générale de l'Institut Pasteur. Dans un communiqué, le Dr Florent Sebbane, directeur de l’équipe Peste et Yersinia Pestis, a ajouté que "nous disposons d’antibiotiques très efficaces lorsqu'ils sont donnés tôt. Notre rôle de chercheurs est de continuer à mieux comprendre cette bactérie pour garder toujours une longueur d'avance."
Full text reproduced from pourquoidocteur.fr (publisher page, rights-checked under syndication).
View original at pourquoidocteur.frAbout this report
Original title: Peste en Russie : après un deuxième décès suspect, faut-il s'inquiéter ?